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La libération du Koweït aux yeux du monde : une épopée de lutte populaire et de sagesse politique, couronnée par le consensus international

La libération du Koweït aux yeux du monde : une épopée de lutte populaire et de sagesse politique, couronnée par le consensus international
Par Fahad Al-Saeed
KOWEÏT, 26 février (KUNA) – « Ambassadeur Al-Sabah… Ce soir, le Koweït est libéré. » C’est par ces mots, qui ont saisi toute la gravité de l’instant, que le président américain George H.W. Bush a proclamé, sous la coupole du Congrès, la fin de l’épopée de la libération de l’État du Koweït. Son regard, empli de satisfaction, s’est posé sur l’ambassadeur du Koweït aux États-Unis à l’époque, le défunt Cheikh Saoud Nasser Al-Sabah.
À peine ces mots avaient-ils résonné à Washington qu’une vague de réactions a déferlé dans les capitales du monde entier, témoignant d’éloges exceptionnels pour la fermeté du peuple koweïtien et la remarquable habileté politique dont ont fait preuve les dirigeants koweïtiens dans la conduite de cette bataille, tant sur le plan politique que diplomatique. 
Cette libération du Koweït a été saluée comme la coalition mondiale sans précédent qui a mis fin à l'une des crises les plus graves de l'ordre international de l'histoire contemporaine.
Dans un discours à la nation américaine, le président George H.W. Bush a déclaré que la libération du Koweït représentait une victoire pour le droit international, soulignant que l'agression ne saurait fonder une légitimité politique et que la communauté internationale avait démontré sa capacité à agir collectivement lorsqu'un État membre des Nations unies est victime d'une agression. 
De son côté, la Première ministre britannique de l’époque, Margaret Thatcher, a qualifié la libération du Koweït des envahisseurs de « jour de victoire pour la justice et l'État de droit ».
Thatcher a loué la fermeté et la résilience des Koweïtiens face à l'occupation, considérant que leur détermination avait joué un rôle déterminant dans le maintien de la dynamique internationale en faveur de la libération.
Dans une déclaration publiée par l'Élysée, le président français, François Mitterrand, a affirmé que le rétablissement de la souveraineté du Koweït constituait un succès pour la volonté internationale commune et que le respect des frontières internationalement reconnues était une pierre angulaire de la stabilité mondiale.
Pour sa part, le chancelier allemand, Helmut Kohl, a considéré la libération du Koweït comme une étape renforçant la confiance dans le système international après la fin de la Guerre froide, soulignant que la position unifiée du Conseil de sécurité était un élément crucial de la légitimité de l'action internationale visant à libérer le Koweït et à le rendre à son peuple et à ses dirigeants légitimes.
À Moscou, le président soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, a affirmé que la fin de l'occupation et le rétablissement de la souveraineté koweïtienne représentaient une avancée importante vers la consolidation du droit international, insistant sur le fait que le traitement des crises par la légitimité internationale et le consensus multilatéral constituait la voie la plus sûre vers la stabilité mondiale. 
Dans le monde arabe, les déclarations officielles des dirigeants des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) se sont succédé, adressant leurs sincères félicitations au Koweït, à ses dirigeants et à son peuple. Ces déclarations exprimaient sincèrement un destin commun, affirmant que toute agression contre un État membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG) équivalait à une attaque en règle contre l'ensemble du Conseil.
Le défunt roi Fahd ben Abdelaziz, Serviteur des Deux Saintes Mosquées, a souligné que la libération du Koweït représentait une victoire pour les droits arabes et que la sécurité du Koweït était indissociable de celle du Royaume d'Arabie saoudite et de la région. 
Il a ajouté que la solidarité du Golfe et du monde arabe avait joué un rôle crucial dans le renforcement du soutien international à la légitimité du Koweït.
Pour sa part, le défunt Cheikh Zayed ben Soltan Al Nahyan, président des Émirats arabes unis, a félicité le Koweït, ses dirigeants et son peuple, affirmant que ce qui avait été accompli était le fruit de l'unité du Golfe, du monde arabe et de la communauté internationale.
Cheikh Zayed a appelé à une phase de reconstruction et de stabilité, insistant sur l'importance de prévenir toute nouvelle agression de ce genre contre un État du Golfe.
L’Émir du Qatar, Feu Cheikh Khalifa ben Hamad Al Thani, a salué la libération, considérant le retour d'un Koweït libéré à son peuple comme une victoire pour la légitimité internationale. Cheikh Khalifa a réaffirmé l'engagement des États du Golfe en faveur d'une défense commune et la nécessité d'une coordination militaire, politique et inter-Golfe à l'avenir.
À Oman, feu le Sultan Qabous ben Saïd a exprimé sa satisfaction quant au rétablissement de la souveraineté koweïtienne, appelant à la consolidation de la stabilité régionale par la coopération, des solutions politiques et le renforcement du système de sécurité collective du Golfe.
À Manama, feu le Prince Issa ben Salman Al Khalifa a qualifié la libération d'accomplissement pour la légitimité et la solidarité internationale, réaffirmant le plein soutien du Bahreïn à son État frère, le Koweït.
Au Caire, l'ancien président égyptien Hosni Moubarak a déclaré que la libération du Koweït confirmait la capacité du système arabe à agir de concert lorsqu'un de ses États membres est victime d'une agression. Il a souligné la participation des forces égyptiennes au sein de la coalition et déclaré que le retour du Koweït à son peuple symbolise un retour à l'équilibre dans la région.
De son côté, le roi Hassan II du Maroc a adressé un télégramme de félicitations aux dirigeants koweïtiens, affirmant que la fermeté du Koweït est entrée dans l'histoire et que sa légitimité a triomphé grâce aux efforts conjugués de la communauté internationale et du monde arabe.
Le président syrien Hafedh al-Assad a également publié une déclaration affirmant que la fin de l'occupation rétablit les droits de leurs propriétaires légitimes et clôt un chapitre sombre de l'histoire régionale. 
Pour sa part, le secrétaire général de la Ligue des États arabes, Esmat Abdel-Meguid, a affirmé que le retour du Koweït à sa souveraineté représente un tournant dans l'action arabe commune, appelant à tirer les leçons de cette expérience et à renforcer les mécanismes de prévention des conflits.
Sur le plan international, le secrétaire général de l'ONU, Javier Pérez de Cuéllar, a décrit la libération du Koweït comme l'application concrète des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et a souligné que sa mise en œuvre réaffirme l'importance du système de sécurité collective. Dans le même esprit, le président du Conseil de sécurité de l'époque, Thomas Birking, a considéré le rétablissement de la souveraineté du Koweït comme une mise en œuvre claire de la volonté de la communauté internationale, telle qu'elle ressort des résolutions du Conseil.
L'Assemblée générale des Nations unies a également été l'occasion de manifester un soutien international, les représentants des pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine considérant cette libération comme un message dissuasif pour quiconque envisagerait de violer les frontières d'un État par la force et d'imposer un fait accompli.
À Bruxelles, le secrétaire général de l'OTAN, Manfred Wörner, a déclaré que la libération du Koweït renforçait le concept de sécurité coopérative et soulignait l'importance des partenariats internationaux pour faire face aux menaces majeures.
Les sept institutions de la Communauté européenne ont également salué la libération du Koweït, y voyant une réaffirmation de l'ordre international.
 
 
Parallèlement, des instances parlementaires du monde entier se sont réunies pour célébrer le rétablissement des droits du Koweït lors de sessions spéciales et par des déclarations officielles. 
Le Congrès américain a salué le succès de la mission de libération, tandis que le président de la Chambre des représentants de l'époque, Tom Foley, a décrit l'engagement envers la coalition internationale comme un modèle de partage des charges et des responsabilités.
En Europe, les Parlements britannique, français et allemand ont tenu des sessions historiques et prononcé des discours dans lesquels les parlementaires ont affirmé leur plein soutien au Koweït et l'impératif de faire respecter le droit international et de prévenir l'érosion de la légitimité de l'État.
Le Parlement canadien a également félicité le peuple koweïtien pour sa libération, le Parlement européen a adopté une résolution célébrant la libération du Koweït et appelant à soutenir la reconstruction et à remédier aux conséquences de l'agression.
 
La dimension environnementale a également été présente dans les discussions, les parlementaires européens appelant à une action internationale urgente pour remédier aux dommages environnementaux et aux dégâts causés aux infrastructures par les incendies de puits de pétrole déclenchés par l'ancien régime irakien. (FIN)(F.S.)(R.M.)