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Le Koweït célèbre le 35e anniversaire de la « Tempête du désert »

Le Koweït célèbre le 35e anniversaire de la « Tempête du désert »

KOWEÏT, 17 Janvier (KUNA) -- Le Koweït célèbre, aujourd’hui samedi, le 35e anniversaire de la première frappe aérienne menée par les forces de la coalition internationale, à l’aube du 17 janvier 1991, annonçant le début de l’opération « Tempête du désert » pour libérer le pays des griffes de l’occupation irakienne brutale.

L’invasion irakienne du territoire koweïtien, le 2 août 1990, avait constitué une épreuve difficile pour le peuple koweïtien qui avait révélé la forte cohésion qui a toujours existé tout au long de l’histoire entre lui et son leadership politique.

Force est de rappeler que dès les premières heures de l’invasion, le Koweït et les Etats-Unis avaient exigé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, au cours de laquelle la résolution n°660 avait été émise, condamnant l’occupation irakienne et exigeant le retrait immédiat de toutes les forces irakiennes sans aucune condition.

Le 29 novembre 1990, le Conseil de sécurité avait adopté la résolution n°678 fixant au 15 janvier 1991 la date limite pour le retrait des forces irakiennes du territoire koweïtien. Et le 12 janvier 1991, conformément à la résolution, le Congrès américain avait donné au défunt président américain, George H.W. Bush, le feu vert pour mobiliser les forces armées américaines afin d’expulser les forces irakiennes du Koweït.

L’opération avait été ordonnée par le président Bush à onze heures du matin le 15 janvier à la suite d’une réunion avec ses principaux conseillers pour la sécurité.

Notons qu’à mi-janvier 1991, le Gardien des deux Saintes mosquées de l’époque, feu le roi Fahd Ben Abdelaziz, avait envoyé une lettre au chef du régime irakien lui demandant de se retirer immédiatement du Koweït et de restaurer la légitimité koweïtienne. La lettre n’avait reçu aucune réponse.

Ainsi, à l’aube du 17 janvier 1991, 16h 55min après l’expiration du délai fixé par le Conseil de sécurité, une première frappe dans le cadre de la « Tempête du désert » avait été menée.

Les avions F-17 américains avaient détruit de nombreuses cibles à Bagdad, tandis que les bombardiers britanniques Tornado avaient détruit des aéroports irakiens, alors que les avions français et italiens avaient bombardé rampes de lancement de missiles irakiens.

L’armée de l’air koweïtienne avait joué un rôle majeur dans le bombardement de cibles irakiennes à l’intérieur du Koweït, ce qui avait permis à l’opération, en seulement deux semaines, de paralyser les défenses aériennes irakiennes, en plus de perturber ses radars et ses systèmes de commandement et de communication.

Les avions avaient décollé des porte-avions dans le Golfe arabe et la mer Rouge, de la base aérienne d’Incirlik en Türkiye et des bases aériennes en Arabie saoudite et au Bahreïn. Les raids du premier jour avaient duré 240 minutes continues, avec 400 avions participant à 1.200 sorties. Les forces aériennes saoudiennes et koweïtiennes avaient effectué 302 sorties, au cours desquelles environ la moitié des avions irakiens ont été détruits.

Divers types d’avions avaient participé à ces sorties, sous la direction d’avions « AWACS », tandis que des destroyers américains avaient lancé environ 100 missiles Tomahawk qui avaient touché leurs cibles en Irak et au Koweït.

La technologie et les tactiques militaires avaient dominé le cours de la guerre. Huit avions Apache AH-64 avaient lancé un raid à basse altitude pour détruire les stations radar avec des missiles et de l’artillerie lourde, et avaient établi un couloir radar sombre à travers lequel les avions de la coalition pouvaient bombarder sans être détectés par les radars irakiens.

En effet, l’opération « Tempête du désert » avait changé la pensée politique et stratégique dans la région, montrant que la guerre moderne dépend en grande partie de la force aérienne, ce qui à son tour avait invalidé la théorie des fortifications, tranchées, et lignes défensives et avait montré leur futilité face aux progrès technologiques.

Selon les statistiques officielles, plus de 750 mille soldats avaient participé à l’opération, dont environ 500 mille soldats américains des forces terrestres, navales, marines et aériennes, ainsi que 30 mille soldats britanniques et 13 mille soldats français, en plus d’environ 200 mille soldats formants les unités arabes.

Le 22 février 1991, l’Irak avait accepté une proposition soviétique de cessez-le-feu et de retrait du territoire koweïtien dans un délai de trois semaines sous la supervision du Conseil de sécurité. Cependant, cette proposition avait été rejetée par les Etats-Unis, qui s’étaient engagés à arrêter d’attaquer les forces irakiennes en retrait et à ne donner que 24 heures pour un retrait complet et inconditionnel du Koweït.

Le 24 février, les forces de la coalition avaient commencé leur déploiement en territoire koweïtien et irakien à l’aube. L’armée au sol avait été divisée en trois groupes. Le premier groupe s’était dirigé vers la libération de Koweït, tandis que le deuxième groupe avait encerclé l’armée irakienne à l’ouest du Koweït. Et le troisième groupe s’était déplacé vers l’extrême ouest avant d’entrer depuis le sud du territoire irakien pour couper tous les approvisionnements à l’armée irakienne.

A l’aube du 26 février 1991, l’armée irakienne avait commencer à se retirer du territoire koweïtien, un jour avant que le président Bush n’annonçait la libération de l’Etat du Koweït, 100 heures après le lancement de la campagne terrestre. (Fin)(Ch.R.)(O.K.)