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Le Groupe arabe à l’ONU réaffirme la centralité de la question palestinienne

Le représentant permanent du Koweït auprès des Nations unies, l'ambassadeur Tarek Al-Bannai
Le représentant permanent du Koweït auprès des Nations unies, l'ambassadeur Tarek Al-Bannai

NEW YORK, 3 Décembre (KUNA) -- Le Groupe arabe auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU) a réaffirmé la centralité de la question palestinienne au cœur du conflit au Moyen-Orient, soulignant que seul le peuple palestinien possède le droit à l'autodétermination et à établir son État indépendant et souverain dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.

Le représentant permanent du Koweït auprès des Nations unies, l'ambassadeur Tarek Al-Bannai, en sa qualité de président du Groupe arabe, avant une session de l'Assemblée générale convoquée pour examiner la question palestinienne, a débuté son intervention en saluant la dynamique internationale insufflée par la Conférence internationale de haut niveau sur le règlement pacifique de la question palestinienne, coprésidée par l'Arabie saoudite et la France.

Au nom du Groupe arabe, il s'est félicité de l'accord de cessez-le-feu à Gaza, qui a permis de consolider l'aide humanitaire indispensable aux civils, de libérer les otages et les prisonniers, et d'ouvrir de nouvelles perspectives pour une paix durable.

 

Il a également salué la Déclaration pour une paix et une prospérité durables, signée par le président américain Donald Trump lors du Sommet de paix de Charm el-Cheikh, et a exprimé la reconnaissance du Groupe arabe pour les efforts de médiation déployés par l'Égypte, le Qatar, la Turquie et les États-Unis, qui ont abouti à l'accord de cessez-le-feu.

Al-Bannai a souligné que la mise en œuvre intégrale et durable de cet accord est une responsabilité collective, insistant sur la nécessité pour la puissance occupante, Israël, de le respecter pleinement.

Il a exprimé la condamnation par le Groupe arabe de toute violation commise par la puissance occupante visant à altérer les efforts régionaux et internationaux pour instaurer la paix, soulager les souffrances humanitaires du peuple palestinien et à ouvrir la voie à la reprise du processus politique sur la base des résolutions internationales pertinentes.

L’ambassadeur a souligné la nécessité d'acheminer l'aide humanitaire à la bande de Gaza sans entrave ni restriction, conformément aux dispositions du droit international humanitaire, appelant à l'ouverture totale et permanente de tous les points de passage afin de permettre l'acheminement de vivres, d'eau, de médicaments et de carburant, et d'assurer leur distribution sans délai à la population civile dans toute la bande.

Le représentant koweïtien a appelé aussi à permettre aux agences humanitaires onusiennes et aux organisations partenaires de mener à bien leur mission sans intimidation ni obstruction. Il a souligné que les restrictions imposées par l'occupation à l'entrée de l'aide constituent une violation flagrante des obligations de la puissance occupante et aggravent la catastrophe humanitaire sans précédent que subissent les civils à Gaza.

Il a exprimé son intention de participer activement à la Conférence sur la reconstruction de Gaza, qui doit se tenir au Caire, insistant sur l'importance d'un large soutien international pour lancer un processus de reconstruction urgent et durable. Ce processus permettrait de rétablir la vie et les services essentiels dans la bande de Gaza et de permettre au peuple palestinien de vivre dans la dignité sur sa terre.

Le diplomate koweïtien a expliqué que le succès de cette conférence exige un engagement sincère de la communauté internationale et la mise à disposition des ressources financières et techniques nécessaires, sans aucune condition politique susceptible d'entraver les efforts de reconstruction ou de porter atteinte aux droits des Palestiniens.

Sur un autre plan, il a mis l’accent sur le principe de non-impunité comme pierre angulaire du droit international, notant que les crimes commis à Gaza – notamment les massacres, les bombardements systématiques d'infrastructures civiles et le déni d'accès à la nourriture, aux médicaments et à l'eau – sont des crimes qui exigent que tous les responsables rendent pleinement des comptes.

Il a salué le rôle crucial de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), véritable bouée de sauvetage pour des millions de réfugiés palestiniens dans ses cinq zones d'intervention, conformément à son mandat onusien, et a rejeté toute tentative visant à saper ou à marginaliser son rôle.

Al-Bannaï a exprimé sa vive préoccupation face à l'escalade continue de la violence et de l'extrémisme en Cisjordanie, notamment les attaques perpétrées par des colons sous la protection des forces d'occupation, qui constituent une violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire.

Concernant la situation au Liban, Al-Bannaï a condamné les violations quotidiennes de la souveraineté libanaise par les forces israéliennes, l'occupation continue de cinq points frontaliers au Sud-Liban, la construction d'un mur de séparation en béton à l'intérieur du territoire libanais et l'établissement de zones dites « tampons » en territoire libanais, autant d'actes qui contreviennent de manière flagrante aux résolutions de l'ONU.

Il a souligné que ces attaques empêchent le déploiement complet de l'armée libanaise au sud du fleuve Litani, entravent le retour des civils, restreignent les mouvements de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) et l'empêchent d'accéder à ses positions frontalières, constituant ainsi une grave menace pour la paix et la sécurité internationales.

Pour ce qui est de la situation en Syrie, Al-Bannai a condamné le crime odieux perpétré récemment par les forces d'occupation israéliennes dans la ville syrienne de Beit Jinn, qui a coûté la vie à 13 civils et fait des dizaines de blessés, provoquant d'importants déplacements de population. Il a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités pour mettre un terme aux agressions israéliennes répétées contre le territoire syrien.

Le délégué koweïtien à l’ONU a conclu son intervention en affirmant que la poursuite de l'occupation israélienne et de sa politique est la cause profonde du chaos et de l'instabilité dans la région, et que la sécurité régionale et internationale ne peut être atteinte sans la fin complète de cette occupation, conformément au droit international et aux résolutions des Nations Unies.

L’ambassadeur a rappelé qu'« une paix juste et durable restera une illusion tant que la légitimité internationale ne se traduira pas par une réalité tangible garantissant les droits légitimes du peuple palestinien et mettant fin aux souffrances de tous les peuples de la région ». (FIN)(A.T.)(R.M.)