Par Iman Khriji
Davos (Suisse), 22 Janvier (KUNA) -- Le nouveau cadre international du « Conseil de paix » est entré en vigueur immédiatement après la signature de sa charte à Davos, jeudi, dans le cadre du plan de paix pour Gaza annoncé par le président américain Donald Trump. Le Conseil sera chargé de superviser la mise en œuvre des différentes phases de ce plan, notamment le respect du cessez-le-feu, les opérations de reconstruction et l’acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza.
La cérémonie de signature, organisée en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, a été marquée par l’absence notable de représentants européens, après l’annonce par plusieurs pays de leur désaccord avec le contenu du document. Bien que de nombreux États aient salué l’initiative et exprimé leur intention d’y adhérer, seuls quelques chefs d’État présents au Forum ont participé à la cérémonie, parmi lesquels le président indonésien Prabowo Subianto et le président argentin Javier Abeid, ainsi que des chefs de gouvernement et des ministres des Affaires étrangères de certains pays. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, figurait notamment parmi les absents.
L’Allemagne a, pour sa part, refusé d’adhérer au « Conseil de paix », estimant que cette initiative pourrait porter atteinte au rôle des Nations Unies. Le président français, Emmanuel Macron, a également décliné la signature de la charte, mettant en garde contre un risque d’érosion de l’ordre international.
De même, la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a annoncé que son pays ne signerait pas le document, invoquant la mention du président russe Vladimir Poutine dans le texte. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a indiqué, mercredi, qu’elle ne signerait pas la charte à ce stade, la jugeant contraire à la Constitution italienne.
La Suède a également rejoint les pays opposés à la signature, le Premier ministre Ulf Kristersson ayant confirmé auparavant que son pays ne soutiendrait pas le « Conseil de paix » proposé par Trump dans sa forme actuelle. La Suisse, pays hôte de la cérémonie, a pour sa part affirmé examiner encore les dispositions de la charte et ne pas avoir pris part à la signature. La Belgique, le Canada, la Finlande, le Danemark et d’autres pays européens étaient également absents.
Le président américain avait proposé pour la première fois la création d’un « Conseil de paix » en septembre dernier, dans le cadre de son plan visant à superviser la reconstruction de la bande de Gaza et à y préserver la paix. Toutefois, la charte ne limite pas les prérogatives du Conseil à Gaza, lui conférant des compétences plus larges pour traiter des conflits internationaux et promouvoir la stabilité dans les régions affectées par les guerres.
Plusieurs responsables européens ont accusé Trump de chercher à affaiblir les Nations Unies et à les remplacer par un Conseil placé sous son contrôle, une critique formulée notamment par le président français lors de son discours à Davos. En réponse, Trump a affirmé, dans son allocution d’ouverture à la cérémonie de signature, que le « Conseil de paix » travaillerait en coordination avec l’ONU. Il a rappelé que le plan pour Gaza avait été adopté à l’unanimité par le Conseil de sécurité et que la phase actuelle visait à garantir le strict respect du cessez-le-feu et l’acheminement de l’aide humanitaire.
La charte prévoit la mise en place d’un conseil exécutif composé de sept membres, présidé par Donald Trump, et comprenant plusieurs personnalités politiques de premier plan, dont le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial américain Steve Wittkopf, le gendre du président américain Jared Kushner, ainsi que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. (Fin) (I.Kh.) (Kh.J.)