ALGER, 30 Novembre (KUNA) – La Conférence internationale sur les crimes coloniaux en Afrique s'est ouverte, dimanche, avec pour objectif de formuler une position africaine commune sur la justice historique, les réparations, la restitution des biens culturels et la préservation de la mémoire collective.
Dans son discours d'ouverture, prononcé au Centre international des conférences d'Alger et en présence de présidents de Parlements africains et de ministres des Affaires étrangères, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a affirmé que « l'Afrique a le droit d'exiger la reconnaissance officielle et explicite des crimes commis contre son peuple durant la période coloniale ».
Attaf a ajouté que « compte tenu de l'expérience douloureuse de l'Algérie sous le colonialisme français, elle adhère pleinement aux objectifs fondamentaux fixés par l'Union africaine pour cette initiative visant à obtenir justice historique ».
À cet égard, il a souligné que « l’Afrique a pleinement le droit d’exiger la reconnaissance officielle et explicite des crimes commis contre ses peuples durant l’ère coloniale », insistant sur le fait que « cette reconnaissance est le minimum que nous puissions attendre comme première étape indispensable pour ouvrir la voie à la résolution des séquelles de cette époque, pour lesquelles les pays et les peuples africains continuent de payer un lourd tribut en termes d’exclusion, de marginalisation et de sous-développement ».
Le ministre algérien a insisté sur le fait que l’Afrique a le droit d’exiger la criminalisation internationale sans équivoque du colonialisme, affirmant que « le colonialisme n’est pas une machine pensante ni une entité rationnelle, mais bien la violence à l’état pur ».
Attaf a fait remarquer que « de même que la communauté internationale a criminalisé hier l’esclavage et les pratiques assimilables, ainsi que l’apartheid, il est temps à présent de criminaliser le colonialisme lui-même, au lieu de se contenter de criminaliser certaines de ses pratiques et conséquences ».
Cet événement continental est organisé suite à la décision du Sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine, en février dernier, qui a approuvé l'initiative du président algérien d'organiser une conférence consacrée à la célébration et à la mise en œuvre du thème de l'Union africaine pour 2025 : « Justice pour les Africains et les personnes d'ascendance africaine par le biais de réparations ». (FIN)(M.R.)(R.M.)