KOWEÏT, 3 Janvier (KUNA) -- Le projet d’exploration offshore mené par la Kuwait Oil Company (KOC) s’impose comme une initiative nationale ambitieuse et innovante, pleinement alignée sur les objectifs de la stratégie pétrolière du Koweït à l’horizon 2040. Il ouvre la voie à l’adoption des technologies les plus avancées en matière de forage et de production en mer, tout en contribuant au développement des compétences nationales et au perfectionnement de l’expertise des jeunes talents koweïtiens, ainsi qu’à la création d’emplois qualifiés pour les citoyens.
Ce projet renforce la position du Koweït en tant que producteur mondial fiable d’hydrocarbures et garantit la disponibilité durable de nouvelles ressources pour répondre à la demande croissante du marché international. Il marque également le début d’une nouvelle ère pour l’exploration offshore, offrant de larges perspectives pour l’intégration de l’intelligence artificielle et de l’analyse des données dans les opérations d’exploration et de production.
L’initiative contribue par ailleurs à l’acquisition de nouvelles compétences techniques dans les domaines de l’exploration, du forage et de la production en mer, tout en générant des opportunités professionnelles diversifiées pour les talents nationaux. Elle favorise aussi l’utilisation de technologies innovantes dans l’ensemble des activités maritimes, notamment la numérisation, l’apprentissage automatique, l’IA, ainsi que l’analyse et l’interprétation avancées des données.
La zone offshore a toujours occupé une place centrale dans les plans pétroliers du Koweït, constituant depuis plus de six décennies un axe majeur d’exploration et un domaine d’intérêt stratégique constant. Aujourd’hui, ce projet d’envergure vient concrétiser le rêve maritime du pays.
Les premières activités d’exploration en mer remontent aux années 1960, lorsque la société Shell a réalisé la première étude marine en 1961, suivie du forage des deux premiers puits offshores. En 1963, la KOC a foré son premier puits en mer à proximité de l’île de Failaka, puis d’autres puits d’exploration et de production dans le champ de Madina, dans la baie de Koweït.
Au début des années 1980, et plus précisément en 1981, la KOC a mené une étude sismique marine en deux dimensions couvrant environ 6 000 kilomètres carrés. Une nouvelle étude marine 2D a été réalisée en 2014, suivie en 2018 d’une évaluation géologique détaillée des réservoirs et de l’identification des emplacements les plus prometteurs pour le forage exploratoire.
En 2022, le projet de forage exploratoire offshore est entré dans une phase opérationnelle avec le forage du puits Noukhada-1, le 8 août 2022, à l’aide de la plateforme Oriental Phoenix. En 2023, le forage du deuxième puits d’exploration, Jelaiah-2, a débuté le 23 septembre grâce à la plateforme Oriental Dragon.
Ces efforts ont abouti à deux jalons majeurs dans l’histoire pétrolière du Koweït, avec la découverte du gisement offshore de Noukhada en juillet 2024, puis celle du gisement offshore de Jelaiah en janvier 2025, concrétisant ainsi une ambition poursuivie de longue date.
La découverte du gisement de Jelaiah a renforcé la présence du Koweït sur la carte mondiale de la production pétrolière. Ce gisement renferme d’importantes ressources d’hydrocarbures exploitables commercialement, s’étend sur une superficie d’environ 74 kilomètres carrés et recèle des réserves estimées à près de 800 millions de barils de pétrole de densité moyenne, exempt de sulfure d’hydrogène et à faible teneur en dioxyde de carbone.
La première phase du plan d’exploration offshore a reposé sur une évaluation exploratoire approfondie, à l’issue de laquelle six sites de forage ont été sélectionnés. Trois puits, Nukhatha-1, Jelaiah-2 et Jazah-1, ciblent des formations du Crétacé, tandis que les trois autres, Nukhatha-2, Jelaiah-3 et Raqwa-3, explorent des formations du Jurassique.
En octobre dernier, la KOC a annoncé la découverte du gisement offshore de gaz naturel de Jazah, qui a enregistré le taux de production le plus élevé jamais atteint par un puits vertical dans la formation de Minagish au Koweït. Cette découverte s’inscrit dans les efforts continus de la compagnie pour développer les ressources nationales en hydrocarbures.
La KOC a précisé que les premiers tests du puits Jazah-1 ont révélé une production exceptionnelle dépassant 29 millions de pieds cubes de gaz par jour, ainsi que plus de 5 000 barils quotidiens de condensats. Le gisement se distingue par de faibles niveaux de dioxyde de carbone et l’absence de sulfure d’hydrogène et d’eau associée, ce qui en fait une découverte rare sur les plans environnemental et technique. Sa superficie initiale est estimée à environ 40 kilomètres carrés, avec des ressources évaluées à près d’un billion de pieds cubes de gaz et plus de 120 millions de barils de condensats, soit l’équivalent d’environ 350 millions de barils de pétrole.
Parallèlement, la KOC poursuit activement ses opérations d’exploration en mer, visant une capacité de production potentielle de 200 000 barils de pétrole par jour et de 150 millions de pieds cubes standard de gaz par jour. Ces efforts soutiendront la réalisation des objectifs stratégiques de la compagnie à l’horizon 2040, les projets offshore représentant environ 25 % du potentiel pétrolier restant à développer d’ici cette échéance.
Les avancées enregistrées à ce jour constituent une base solide pour les succès futurs de l’exploration offshore au Koweït. L’existence d’un système pétrolier a été confirmée, et des quantités commercialisables ont été mises en évidence dans les champs offshore de Noukhada et de Jelaiah grâce à de nouvelles découvertes.
Cette étape requiert la mise en œuvre d’une étude sismique tridimensionnelle dans le cadre de la phase d’évaluation, afin d’approfondir la compréhension du potentiel offshore et d’estimer plus précisément les réserves d’hydrocarbures. Dix-huit puits d’exploration ont été identifiés dans la zone offshore, et les études sismiques 3D joueront un rôle déterminant dans l’orientation de cette phase.
Les deux puits jurassiques, Nukhatha-2 et Jelaiah-3, revêtent une importance particulière, car ils traversent les plus grands réservoirs crétacés découverts à ce jour et offrent la possibilité de réaliser des tests de productivité lors de leur forage.
Les opérations d’exploration offshore ont dû relever plusieurs défis techniques, notamment en matière de transport, de protection de l’environnement marin et de préparation des sites de forage. À cet effet, la KOC a assuré la disponibilité d’équipements de lutte contre la pollution et a apporté un soutien complet aux opérations de plongée et de maintenance sous-marines. Des remorqueurs ont été mobilisés pour transporter les plateformes de forage, décontaminer et baliser les sites, installer les équipements nécessaires et retirer tout obstacle susceptible d’entraver les travaux ou d’endommager les installations.
Un autre défi majeur a résidé dans l’absence de données issues de forages antérieurs permettant d’élaborer un plan précis de gestion des risques. Il a donc été indispensable de concevoir un plan de forage exhaustif intégrant des mesures de précaution pour les scénarios les plus défavorables.
Lors du forage des deux premiers puits, Noukhada et Jelaiah, il est apparu que les pressions et les températures des formations géologiques étaient supérieures aux prévisions initiales, ce qui a nécessité l’utilisation, pour les puits suivants, d’équipements capables de résister à ces conditions exigeantes.
Le champ de Jelaiah, situé parmi les sites offshore les plus proches du littoral, a exigé des mesures de sécurité particulières, notamment des opérations de forage et d’inspection régulières afin de prévenir toute fuite, la sécurisation de la zone de forage dans un rayon de 500 mètres autour des navires, ainsi que le transport des déblais de forage vers des stations de traitement spécialisées appartenant à la KOC. Le puits a également été isolé et solidement ancré au fond marin afin de prévenir les accidents et de garantir la sécurité de la navigation maritime.
Des mécanismes avancés ont été mis en place pour gérer l’isolation des puits offshore, assurant les plus hauts niveaux de sécurité environnementale et opérationnelle. Ces opérations se déroulent par étapes successives, depuis l’exploration jusqu’au développement, afin de déterminer les trajectoires à suivre en fonction des résultats obtenus. Lorsqu’un puits se révèle productif, il est sécurisé sur le fond marin à l’aide de structures de protection spéciales, tout en restant accessible pour une exploitation future. En revanche, les puits non productifs sont totalement isolés.
S’agissant des perspectives, la KOC étudie les meilleures options pour accélérer la mise en production des puits offshore découverts, suivie du déploiement des infrastructures nécessaires et de l’établissement des installations de production. Des études sont en cours afin de définir les méthodes les plus efficaces pour la mise en œuvre de la deuxième phase du projet d’exploration offshore dans les eaux koweïtiennes.
Cette deuxième phase prévoit le forage de 17 puits. La compagnie a examiné les plans et les spécifications des plateformes de forage en mer et évalué les exigences logistiques en s’appuyant sur l’expérience acquise jusqu’à présent. L’objectif est d’atteindre des spécifications optimales permettant de réduire les coûts opérationnels et la durée des travaux, tout en maintenant les normes de qualité lors des prochaines étapes. La KOC étudie également les meilleures options pour la création d’un port offshore dédié, doté d’une capacité suffisante pour assurer le soutien logistique des plateformes de forage. (Fin)(Kh.M.)(Kh.J.)