LE CAIRE, 9 Septembre (KUNA) -- Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a inauguré, mardi, le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne sur le Nil Bleu, dans l'ouest de l'Éthiopie, dont la construction a démarré en 2011 avec un budget d'environ 5 milliards de dollars.
La cérémonie d'inauguration s'est déroulée en présence de plusieurs dirigeants africains, dont les présidents de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, du Soudan du Sud, Salva Kiir Mayardit, de la Somalie, Hassan Sheikh Mohamud, du Kenya, William Samoa Ruto, ainsi que les Premiers ministres de la Barbade, Mia Amor Mottley et de l'Eswatini, Russell Dlamini.
Étaient également présents à la cérémonie le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Yusuf, le secrétaire général adjoint des Nations Unies et secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, Claver Gatete, ainsi que de hauts responsables du gouvernement éthiopien.
Le grand barrage de la Renaissance est le plus grand projet hydroélectrique d'Afrique, mesurant 1,8 kilomètre de large et 145 mètres de haut. Sa capacité est de 74 milliards de mètres cubes d'eau et, une fois pleinement opérationnel, il fournira environ 6.000 mégawatts d'énergie hydroélectrique.
Selon le gouvernement éthiopien, « le barrage a été financé presque entièrement par le peuple éthiopien, contrairement à de nombreux mégaprojets africains qui dépendent de la dette extérieure.»
Dans son discours au Parlement en juillet dernier, le Premier ministre éthiopien a déclaré : « Le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne ne constitue pas une menace, mais une opportunité partagée », soulignant que « l'énergie produite par le barrage ne profitera pas uniquement à l'Éthiopie.»
Le projet a fait l'objet de vives critiques de la part de l'Égypte et du Soudan. Dans une déclaration commune, publiée à l'issue d'une réunion, il y a quelques jours, les deux pays ont qualifié ce projet de « violation du droit international, ayant de graves répercussions pour les pays en aval et constituant une menace permanente pour la stabilité du bassin du Nil ».
La déclaration a souligné les graves risques posés par les mesures unilatérales de l'Éthiopie visant à remplir et à exploiter le barrage, ainsi que ceux liés à sa sécurité, aux rejets d'eau incontrôlés et à la gestion des sécheresses. Elle a insisté sur la nécessité pour l'Éthiopie d'adapter ses politiques afin de rétablir la coopération entre les pays du bassin oriental du Nil.
L'Égypte dépend presque entièrement du Nil, ses ressources en eau s'élevant à environ 60 milliards de mètres cubes par an, dont la majeure partie provient du Nil, soit 55 milliards de mètres cubes (environ 90 %). Les ressources en eau du Soudan sont estimées à environ 38 milliards de mètres cubes, dont 18,5 % proviennent du Nil Bleu, le reste provenant d'autres fleuves, des crues et des eaux souterraines. (FIN)(A.M.)(R.M.)